LA PROMENADE

Kunst am Bau – commissioned by the City of Nyon

École du Centre-Ville, Nyon - Promenade du Jura - Balade Sud

La Promenade

“ By choosing not to fill these intervals, Julie Semoroz keeps the breath alive, sustains mystery, makes the vision vibrant, and preserves the necessity of emptiness. Ideas of emergence and resurgence intertwine with the playful act of touching the piece, the sonic sparkle that may arise from it awakening the childlike part within each of us. “

Karine Tissot

“Truth cannot be transmitted through words; truth exists in the emptiness between words, between the lines,” explains Japanese professor Hidéo Kamata.

FR
Conçue par l’artiste Julie Semoroz dans le cadre de la rénovation de l’École du Centre-Ville à Nyon, La Promenade est une installation sonore et poétique intégrée au patrimoine de la ville. Composée de tiges en bronze fixées sur un mur historique et une ancienne fontaine, elle invite petits et grands à interagir librement, transformant l’espace en une promenade musicale et sensorielle. Alliant art, histoire et participation citoyenne – avec notamment une mélodie créée avec deux enfants nyonnais – l’œuvre enrichit l’espace public et offre une expérience artistique immersive et durable.

EN
Created by artist Julie Semoroz as part of the renovation of the École du Centre-Ville in Nyon, La Promenade is a poetic sound installation integrated into the town’s heritage. Made of bronze rods placed along a historic wall and an old fountain, it invites all generations to interact freely, turning the site into a musical and sensory promenade. Blending art, history and citizen participation – including a melody composed with two children from Nyon – the work enhances public space and offers an immersive and sustainable artistic experience.

Julie Semoroz, La Promenade

Sur cette promenade paisible longeant l’école du Centre-ville de Nyon, les graviers craquent sous les semelles des passantes et des passants. Parfois, l’oreille est surprise par la cloche du temple à proximité, or désormais elle le sera aussi par le tintement aléatoire de carillons pour peu qu’une main active l’installation de Julie Semoroz. De la même manière qu’on caresserait des épis de blé bordant une route pour rythmer la marche, accompagner le souffle ou ressentir leur texture, il est offert de jouer avec plusieurs grappes de métal qui se donnent au public comme autant d’instruments en libre accès. Étirés sur plusieurs mètres à l’horizontal, des dizaines de tiges de bronze chatoyant ont pris leur quartier en différentes hauteurs, promettant à tous les âges de pouvoir les actionner, faisant pétiller un mur qui jusque-là passait inaperçu.

 

Le dispositif en lui-même joue avec des pleins et des vides, les carillons ordonnés constituant des ensembles espacés les uns des autres. Entre eux, visuellement, agissent des silences comme dans une partition de musique. En décidant de ne pas remplir les intervalles, Julie Semoroz maintient vivant le souffle, nourrit le mystère, rend vibrante la vision et nécessaire le vide. Les notions d’émergence et de résurgence se conjuguent avec le jeu de la manipulation, l’éclat sonore qui peut en ressortir, réveillant en chacun de nous notre part enfantine. « La vérité ne peut pas se transmettre par la parole, la vérité existe dans le vide entre les paroles, entre les lignes », explique le professeur japonais Hidéo Kamata. Une référence qui permet de rappeler que la composition musicale de La Promenade repose sur trois gammes japonaises de cinq notes chacune, ordonnées tête bêche aux deux extrémités, à expérimenter sans fin, ponctuellement ou en continu.

 

Connue à l’international pour ses performances musicales faites d’effets de répétition et d’épuisement de la matière sonore, travaillant souvent avec l’improvisation, Julie Semoroz, enfant de la région, fait pour la première fois de son art enjoué une expérience durablement installée dans un espace généreusement partagé avec le public. Pièce interactive et enchanteresse, invitant à « savoir laisser » ou à « laisser faire », elle pousse sans aucun doute tous les petits Nyonnais à détourner désormais leurs parents de leur chemin pour faire résonner cette mélodie imaginée spécifiquement pour ce lieu. « Notre destin est de nous promener », rappelait Robert Walser, qui écrivait comme on se promène. Sans autre prétention que de nourrir un moment de flânerie, ou peut-être de donner un but à une balade, cette pièce si bien intégrée au tissu urbain semble avoir toujours existé ici. Et si vous en doutez encore, écoutez avant d’y parvenir car vous l’entendrez avant même de l’avoir vue. En effet, le réflexe est déjà adopté à Nyon d’activer la musique, peut-être comme avec les carillons à vent nippons, pour transmettre une énergie positive et faire fuir les mauvaises ondes. Art, histoire, architecture et musique sont exceptionnellement réunis dans cette œuvre de cuivre et d’étain au profit d’une vision synesthésique si chère à la culture japonaise.

 Karine Tissot

Julie Semoroz, La Promenade

Along this peaceful walkway bordering the Centre-Ville school in Nyon, the gravel crunches beneath the shoes of those passing by. At times, the ear is caught by the bell of the nearby temple, and now the ear will also be surprised by the chiming of bells whenever a hand activates Julie Semoroz’s installation. Just as one might brush their hand across wheat stalks lining a rural path to give rhythm to their steps, accompany their breath, or feel their texture, visitors are invited to play with several clusters of metal offered to the public like freely accessible instruments. Stretching horizontally over several metres, dozens of shimmering bronze rods have taken their place at varying heights, promising people of all ages the pleasure of setting them in motion, enlivening a wall that until now had gone unnoticed.

 

The installation itself plays with fullness and emptiness, with the ordered chimes forming distinct groups spaced apart from one another. Between them, visually, silences operate like those in a musical score. By choosing not to fill these intervals, Julie Semoroz keeps the breath alive, sustains mystery, makes the vision vibrant, and preserves the necessity of emptiness. Ideas of emergence and resurgence intertwine with the playful act of touching the piece, the sonic sparkle that may arise from it awakening the childlike part within each of us. “Truth cannot be transmitted through words; truth exists in the emptiness between words, between the lines,” explains Japanese professor Hidéo Kamata. A reference that reminds us that the musical composition of La Promenade is based on three Japanese pentatonic scales, arranged head-to-tail at each end, to be endlessly explored, occasionally or continuously.

 

Internationally known for her musical performances built on repetition and the exhaustion of sonic material, often working with improvisation, Julie Semoroz — a child of the region — brings, for the first time, her playful art into a lasting installation generously shared with the public. An interactive and enchanting piece, inviting one to “know how to let go” or to “let things happen,” it will undoubtedly encourage children of Nyon to pull their parents off their usual route to make this melody — imagined specifically for this place — resonate.

 

“Our destiny is to wander,” recalled Robert Walser, who wrote the way one strolls. With no other ambition than to nourish a moment of wandering, or perhaps to give purpose to a walk, this piece, so well integrated into the urban environment, seems to have always been here. And if you still have doubts, listen before you get there, because you will hear it before you even see it. Indeed, it has become second nature in Nyon to turn on the music, perhaps as with Japanese wind chimes, to transmit positive energy and ward off bad vibes. Art, history, architecture and music come together in an exceptional way in this work of copper and tin, creating a synaesthetic vision that is so dear to Japanese culture.

 Karine Tissot

Kunst am Bau – commissioned by the City of Nyon

École du Centre-Ville, Nyon - Promenade du Jura - Balade Sud

Conception: Julie Semoroz

Technical production: Metal System and Julie Semoroz

Photos and videos: Michael Cordey

Production: Association Motonomy

Public performance October 2025: Julian Sartorius

Administration: Nathalie Wenger

Thanks to: Sandrine Pelletier, Isaline Vuille, Carl June, Stéphane Fahrion and the jury of the selection

La Promenade

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JULIE SEMOROZ